Trouvez votre voie professionnelle avec Stanislas Assemian

Dans un monde professionnel hautement concurrentiel, Stanislas Assemian s’est donné pour mission de montrer la voie aux plus jeunes.

Diplômé dans trois disciplines différentes, il affirme avoir raté plusieurs opportunités à ses débuts. Assailli par les carcans de l’insouciance juvénile, sans expérience solide, il aurait souhaité être guidé par un mentor. Et surtout bénéficier de conseils adaptés afin d’atteindre ses objectifs.

Pour plus de conseils, lisez également: Fréderic William, le conseiller du monde professionnel

Cette situation difficile est un peu le quotidien de tout jeune à ses débuts dans le monde professionnel. Stanislas Assemian l’a bien compris et sous le pseudonyme de grand frère Stan, il porte la cape d’un éclaireur afin d’aider les jeunes à écrire leur propre histoire.

1) Il y a quelques semaines, la Côte d’Ivoire est sortie avant dernière du classement Pasec (programme d’analyse des systèmes éducatifs) sur l’éducation nationale. À votre avis, qu’est-ce qui explique ce déclin ?

Effectivement, j’ai reçu comme tout bon citoyen cette information qui, il faut l’avouer fait froid dans le dos mais n’étonne outre mesure. Je n’aurai pas la prétention de l’expliquer tant le mal est profond. Mais à mon humble avis notre système éducatif est à l’image de notre société.

Stanislas Assemian

Ce classement résume bien les décennies de crise dans le milieu scolaire ivoirien. Des grèves à n’en point finir, des crises socio-politiques, une jeunesse en perte de repère, des résultats chaque année plus inquiétants, des réformes parfois mal menées. Une société qui a perdu ses valeurs civiques, des parents démissionnaires, une culture de la facilité. Bref, les raisons sont légion et nous sommes tous responsables. La grande question c’est comment réagissons-t-on ?!

Ce classement résume bien les décennies de crise dans le milieu scolaire ivoirien. Des grèves à n’en point finir, des crises socio-politiques, une jeunesse en perte de repère, des résultats chaque année plus inquiétants, des réformes parfois mal menées.

Stanislas Assemian

2) Quels sont les avantages d’étudier à l’étranger ? Pensez-vous qu’un jeune ayant étudié à l’étranger obtiendra plus d’opportunités d’emplois que celui ayant fait des études au pays ?

J’ai pour habitude de dire que le voyage est la seule dépense qui nous enrichit. Pour avoir moi-même fait l’expérience des études à l’étranger, je peux vous garantir que les études à l’étranger forment la jeunesse. En ce sens qu’elles permettent de s’autonomiser et de construire son indépendance. On y acquiert le sens de la débrouillardise en toutes circonstances.

On y apprend à gérer son budget, à tenir une maison, à prévoir ses repas…Bref, à se prendre en charge tout seul. Gagner cette autonomie permet de repousser ses limites, de surmonter les difficultés et de gagner en confiance. D’un point de vue plus académique, étudier à l’étranger permet d’optimiser ses atouts professionnels. La mention sur son CV, d’un cursus à l’étranger attire l’attention des recruteurs.

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En effet, cela souligne la capacité de la personne à manier convenablement une langue étrangère, à s’adapter, à avoir une ouverture d’esprit et le sens des responsabilités. En conclusion, étudier à l’étranger est une expérience enrichissante et inestimable qui permet à l’étudiant de développer une nouvelle manière d’être et un nouveau savoir-faire. Mais attention, étudier à l’étranger ne garantit pas de facto un emploi.

Etudier à l’étranger est une expérience enrichissante et inestimable qui permet à l’étudiant de développer une nouvelle manière d’être et un nouveau savoir-faire. Mais attention, étudier à l’étranger ne garantit pas de facto un emploi.

Stanislas Assemian

Certains étudiants de l’INPHB obtiennent plus d’opportunités que d’autres qui ont fait leurs études à l’étranger. C’est pour cela que dans mes séances d’accompagnement j’insiste sur la préparation en amont du projet d’étude à l’étranger. Le choix du pays de destination, de la filière qu’on y fera, des expériences professionnelles qu’on glanera, du réseau qu’on bâtira, tous ces éléments sont déterminants pour tirer le meilleur profit des études à l’étranger. Sinon ça reviendrait à aller faire du tourisme. Ni plus ni moins.

3) Comment résoudre le problème du manque de compétences et d’expériences de certains jeunes diplômés de l’université ou des grandes écoles ?

Le manque de compétence et d’expérience des jeunes est un problème qui pourrait se résoudre à plusieurs niveaux. Je suis de ceux qui croient que chaque acteur à son rôle à jouer. Tout d’abord, le rôle de l’État se situe au niveau de la création d’un environnement propice à la transmission du savoir. Et de la mise à jour des programmes académiques en tâchant de les aligner aux problématiques réelles de notre époque notamment en matière d’ingénierie et du numérique.

On ne peut pas attendre grand-chose d’un diplômé qui n’a pas eu l’occasion de tester ses connaissances sur du matériel adéquat; et qui a connu un parcours académique entravée par des grèves à répétition. Ensuite, viennent les entreprises qui doivent à mon sens prendre une part plus active dans l’élaboration des programmes académiques. Elles savent mieux que quiconque leurs besoins en ressources humaines pour faire face aux défis de la mondialisation. Elles peuvent être les meilleures prescriptrices de nos programmes scolaires.

Aussi, je plaide pour une meilleure prise en charge des étudiants stagiaires. L’expérience ne s’acquiert nulle autre part que sur le terrain. Plusieurs jeunes ont du mal à trouver des stages d’observation, d’application et de fin d’étude. Or, le code du travail ivoirien selon le décret n° 2018-33 du 17 janvier 2018 dit et je cite : ” toute entreprise de Côte d’Ivoire à OBLIGATION de recevoir en stage des demandeurs d’emploi en vue d’acquérir une qualification ou une expérience professionnelle”.

Enfin, les étudiants eux-mêmes doivent comprendre qu’ils sont les premiers responsables de leur montée en compétences et de leur gain en expérience. Un étudiant qui garde cela à l’esprit aura une approche tout à fait différente des autres. Il est de notoriété publique que l’école n’apprend pas tout. Un étudiant qui veut être vraiment compétent doit alors aller chercher l’information en participant à des MOOCs par exemple.

Un étudiant qui veut être vraiment compétent doit alors aller chercher l’information en participant à des MOOCs par exemple.

Au niveau de l’expérience, ils sont nombreux les étudiants qui ne cherchent pas réellement à faire de stages à moins que ceci ne deviennent obligatoires. Il est vital pour eux de changer leur mindset au risque de ne pas être compétitif sur le marché du travail. En définitive, ce sont ces actions combinées qui pourront faire une réelle différence.

4) La reconversion professionnelle est-elle la solution au chômage ? Si on considère les formations universitaires dites particulièrement théoriques.

LA solution au chômage ? Certainement pas ! Mais une solution, parmi tant d’autres, qui peut redonner un nouveau souffle à la recherche d’emploi. Aucune filière n’est trop théorique ou peu utile. Malheureusement les débouchés ne sont pas clairement définis, listés et surtout connus. Aussi, je pense qu’il faille que nous sortions du système classique formation-diplôme-embauche. Ce système a montré ses limites et ne peut garantir le plein emploi.

Ne devrions-nous pas privilégier le modèle connaissance – compétence – valeur ajoutée à l’instar des pays anglophones qui parfois s’en sortent nettement mieux ? Ce modèle a le mérite de juger quelqu’un sur la base de ses compétences et le rétribuer à la hauteur de la valeur qu’il apporte sans se cantonner au titre et fonction parfois soporifique. Dans ce système, un diplômé en sociologie pourrait être tout aussi légitime et compétent à un poste de responsable marketing. Dans ce système, l’entrepreneuriat jeune deviendrait une vraie alternative plutôt que de simples slogans.

Ne devrions-nous pas privilégier le modèle connaissance – compétence – valeur ajoutée à l’instar des pays anglophones qui parfois s’en sortent nettement mieux ?

5) Quels conseils pour les plus de 25 ans sans expérience professionnelle et au chômage ?

C’est monnaie courante sous nos tropiques. La lenteur de notre système éducatif contraint parfois les jeunes à rester plus longtemps que nécessaire. Ils ressortent à 25-26 ans sans grande expérience voire pas du tout. A ce stade, 3 conseils me semblent adéquats : Stratégie, motivation, flexibilité. Je parle de stratégie parce que par expérience et suite à de nombreuses conférences données dans les universités et écoles supérieures, j’ai remarqué que très souvent, les étudiants et jeunes diplômés ont du mal à saisir les opportunités parce qu’ils leur manquent une stratégie dans la recherche d’emploi.

A ce stade, 3 conseils me semblent adéquats : Stratégie, motivation, flexibilité.

Stanislas Assemian

Il ne suffit pas d’envoyer une lettre de motivation et un CV pour espérer décrocher un poste correspondant à ses attentes. Une recherche d’emploi est aujourd’hui un job à mi-temps et il faut garder la motivation tout au long des différents processus de recrutement qui sont aujourd’hui assez longs. La flexibilité est importante et il faut absolument tenir compte de ce paramètre pour se démarquer également. Le salaire est important mais un jeune diplômé sans grande expérience doit être flexible et faire ses preuves sans pour autant tomber dans de l’exploitation abusive. La motivation, la patience, l’organisation et la détermination sont les maîtres mots d’une recherche d’emploi réussie quel que soit l’âge et le niveau d’expérience.

6) Quels ont été les résultats de vos différentes initiatives dans la lutte contre le chômage ?

Malheureusement, il faut reconnaître que toute initiative personnelle quelle qu’elle soit a un impact modeste à l’échelle nationale. A notre niveau, nos initiatives se situent en amont. Je crois que le chômage est la résultante de plusieurs facteurs notamment du contexte économique, des politiques publiques mises en œuvre mais également de la stratégie d’orientation académique des jeunes. Je défends l’idée selon laquelle si les jeunes sont orientés en fonction de leurs aptitudes, talents et potentiels. Ils auraient beaucoup plus de facilité à s’insérer dans le tissu économique. Soit en valorisant leur compétence sur le marché du travail soit en étant eux-mêmes créateurs d’entreprises.

stan awards

Quelques initiatives de Stanislas Assemian: LES 100 JOURS DU BAC, LE SALOOM, EXCELLENCIA

Nos actions se situent donc au niveau de l’accompagnement dans le choix des filières post bac mais aussi au niveau de la sensibilisation à la prise de conscience des jeunes face aux réalités professionnelles. En 2019 par exemple, nous avons sillonné des dizaines de lycées et collèges et rencontré des milliers de jeunes issus des lycées d’excellence. En 2020, en pleine crise de la Covid-19, nous avons organisé le 1er salon virtuel de l’orientation et des métiers pour continuer vaille que vaille notre mission d’aide à l’orientation des jeunes. Je reste convaincu que la graine semée va germer, pousser et porter des fruits à terme.

En 2019 par exemple, nous avons sillonné des dizaines de lycées et collèges et rencontré des milliers de jeunes issus des lycées d’excellence. En 2020, en pleine crise de la Covid-19, nous avons organisé le 1er salon virtuel de l’orientation et des métiers

Stanislas Assemian

7) Que recommandez-vous à un jeune bachelier qui s’apprête à affronter la vie universitaire puis professionnelle ?

A ce jeune bachelier, je recommanderai trois choses qui me paraissent essentielles : La première est d’avoir un projet professionnel clair, ambitieux et réaliste. Le projet professionnel est à mon sens la boussole, le GPS qui permet à un jeune de réussir ses études. De bien planifier son insertion professionnelle et vivre une carrière professionnelle épanouie. La deuxième chose est de chercher à acquérir de l’expérience dès ses premières années universitaires. Comment le faire ? En faisant des stages chaque année, aux moindres occasions qu’offrent les congés et vacances. A la fin de la licence ou du Master, c’est plus de 2 ans d’expériences qu’il aura accumulées.

De deux étudiants avec les mêmes diplômes et expériences, on aura tendance à choisir celui qui aura su mettre en valeur son image.

Stanislas Assemian

La dernière chose et non la moindre, c’est de commencer dès aujourd’hui à travailler son personal branding. Pour faire simple, je dirai son image. C’est quelque chose d’indispensable. Par conséquent, de deux étudiants avec les mêmes diplômes et expériences, on aura tendance à choisir celui qui aura su mettre en valeur son image. Cela passe par son e-réputation, son activité sur les réseaux sociaux mais également par le réseau professionnel qu’on a su se constituer ou pas. Il y a bien évidemment d’autres conseils à prendre en compte mais à mon sens ces 3 éléments sont les principaux.

Je terminerai par des mots de remerciements et d’encouragements à toute l’équipe de AGOUNDA. Vous faites un travail remarquable qui, j’en suis sûr, inspire des milliers de jeunes et contribue à faire d’eux des leaders. #grand frère Stan

Vous pouvez retrouver Stanislas Assemian sur

Facebook : @grandfereStan
Instagram : @grandfrereStan
LinkedIn : Stanislas A.

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