Audrey Tifoumnaka, diplomate au service de la paix

Audrey Tifoumnaka KOUBODENA, de nationalité togolaise est juriste publiciste de formation. Elle est titulaire d’un Diplôme d’Etudes approfondies (DEA) en Droit public fondamental. Et d’un diplôme de Cycle 3 de l’Ecole Nationale d’Administration du Togo en Diplomatie.

Ce qui lui a valu d’occuper un poste de diplomate au Ministère des affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Togolais de l’extérieur. Précisément en qualité de chef de la division des Projets de la diaspora. En outre, elle a été successivement chargée d’études à la Direction de l’Intégration africaine puis à la Direction de la Coopération Internationale. C’est dans ce cadre, qu’elle a pris part à différentes activités dans son pays et à des formations et missions à l’étranger.

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1)Parlez-nous un peu de votre profession. Quelle est la mission du diplomate et son apport dans le développement d’un pays?

Parler de ma profession n’est pas chose aisée. De nos jours comme dans les siècles passés, on ne s’improvise pas diplomate. C’est une profession comme toutes les autres et comme tel, il nécessite une formation précise. Un diplomate est d’abord un fonctionnaire puis membre du personnel du Ministère chargé des affaires étrangères. Ou toute personne qui fait partie du personnel chargé, à titre permanent, de représenter un Etat soit auprès d’un autre Etat, soit auprès d’une organisation internationale.

Audrey Tifoumnaka

Les missions classiques du diplomate, c’est de représenter son pays, de l’informer, de protéger ses intérêts à travers la négociation d’accords et autres avantages. La mission du diplomate est d’œuvrer pour des relations paisibles et amicales entre les pays.

Toutefois, le diplomate est également aujourd’hui un acteur du développement de son pays. En privilégiant la négociation pour la conduite des relations internationales, le diplomate assure ainsi la paix, condition incontournable pour le développement des pays. Depuis quelques années, les pays en voie de développement donnent une nouvelle orientation à leur diplomatie. Et cela dans le but d’en faire une diplomatie au service du développement. C’est dire que nos pays ont décidé de réorienter leur diplomatie vers l’économie et d’en faire un levier important de leur développement. La diplomatie au service du développement est une diplomatie axée sur les échanges avec les institutions de coopération économique d’une part, et avec les investisseurs privés d’autre part. Dans les deux cas, le diplomate se voit conférer une nouvelle mission de recherche du développement de son pays.

audrey tifoumnaka

Ainsi, dans les grands fora comme la TICAD, la JICA et l’IFD, le diplomate présente les opportunités que son pays offre aux acteurs économiques. Il s’agit donc pour le diplomate d’attirer vers son pays des bailleurs de fonds qui peuvent financer le développement de son pays. Par ailleurs, le diplomate est chargé de rencontrer les investisseurs étrangers et de les convaincre de venir investir dans son pays. Il leur présente à cette occasion, les atouts dont dispose son pays ainsi que les facilités qu’il accorde aux investisseurs étrangers.

Le diplomate est chargé de rencontrer les investisseurs étrangers et de les convaincre de venir investir dans son pays. Il leur présente à cette occasion, les atouts dont dispose son pays ainsi que les facilités qu’il accorde aux investisseurs étrangers

2) Vous êtes également blogueuse. Comment alliez-vous votre fonction et le blogging?

Je suis blogueuse par pure passion. L’écriture est un rêve d’enfant mais pendant longtemps, je me suis plus consacrée à la lecture et aux études. Depuis 3 ans déjà, je m’exerce timidement à l’écriture sur mon blog où je consacre des articles à différentes thématiques. Telles, la société, les sports, les relations internationales, les voyages et la famille. Il ne s’agit pas d’une conciliation. Ma profession est diplomate et j’y consacre prioritairement mes journées de travail.  Je blogue à mes heures perdues.

Vous pouvez retrouver mes articles ici

3) Vous nous disiez être intéressée par les questions de paix et sécurité. Avez-vous mené des actions dans ce sens?

Le diplomate ne peut se passer des questions de paix et de sécurité. Vu que la diplomatie vise à conduire entre les Etats des relations amicales et à privilégier le règlement pacifique des différends. C’est ainsi qu’au-delà de ma casquette de diplomate, je suis également membre de l’association togolaise « Centre pour la Gouvernance Démocratique et la Prévention des Crises » depuis 2013. Les activités de cette association sont organisées autour de quatre pôles essentiels à savoir la recherche, la publication, la formation et l’éducation à la paix.

Depuis plus de quatre années, je suis impliquée dans la formation de jeunes sur des thématiques relatives à l’intégration régionale, à la promotion de la non-violence dans le cadre du projet « Programme Jeunes Politiques » que nous exécutons chaque année. Par ailleurs, je suis de temps en temps sollicitée par d’autres associations pour animer des sessions de formation ou d’échanges pour les jeunes.

Audrey Tifoumnaka  au YALI

Le diplomate ne peut se passer des questions de paix et de sécurité. Vu que la diplomatie vise à conduire entre les Etats des relations amicales et à privilégier le règlement pacifique des différends.

4) La délinquance juvénile et le phénomène des enfants soldats prennent de l’ampleur en Afrique. Quelles sont vos solutions ?

La délinquance juvénile fait partie des réalités des pays en développement. Et le phénomène des enfants soldats est récurrent dans les pays en proie à des guerres civiles. Les pistes de solutions que je proposerais seront essentiellement basées sur l’éducation des enfants. La déclaration Universelle des droits de l’homme, la convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant… consacrent le droit à l’éducation pour tout être humain. Au-delà de cette consécration textuelle, il faut une mise en œuvre au plan national par tous les Etats et avec l’aide des partenaires au développement.

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  • Rendre l’éducation gratuite pourrait être un début de solution comme c’est le cas dans de nombreux Etats.
  • Par ailleurs, il est nécessaire de vulgariser les conventions de Genève relatives aux conflits armés qui interdisent clairement l’enrôlement des enfants dans les groupes armés.
  • Enfin, il faudra sensibiliser les personnes dans des zones de conflits à la culture de la paix en évitant la violence et mettre en place des structures d’accueil de ces enfants.

5) Quel est le rôle de l’Afrique dans les relations internationales ?

Je suis optimiste quant au rôle que joue l’Afrique dans les relations internationales. Même si aujourd’hui elle ne s’affirme pas assez dans la communauté internationale. Je formule le vœu que l’intégration africaine puisse avancer. Et que le continent puisse se prononcer d’une seule voix sur les grands enjeux internationaux. C’est ainsi qu’elle pourra tirer son épingle du jeu et profiter de partenariats avantageux dans le domaine de la coopération internationale.

6) Avec un parcours impressionnant comme le vôtre, quels sont les conseils que vous pouvez donner aux plus jeunes?

 Merci pour le compliment. Pour répondre à cette question, j’aimerais emprunter les mots de l’écrivain ivoirien Bernard Dadié qui disait : « le travail et après le travail, l’indépendance mon enfant, n’être à la charge de personne telle doit être la devise de votre génération. »

Mes conseils à l’endroit des plus jeunes, c’est de cultiver l’esprit de curiosité, de polyvalence et de soif de connaissances.

Plus de rigueur dans leur vie de chaque jour, et viser l’excellence dans toutes les activités qu’ils entreprennent. J’invite les uns et les autres à lire, à se former. Et à sortir de leur zone de confort pour découvrir de nouveaux horizons. Plus de civisme, de responsabilité, d’engagement communautaire et de promotion de la paix.

7) Si vous devez écrire un livre, quel titre, il porterait?

Ecrire un livre, est un rêve d’enfant et la réalisation de ce rêve me tient à cœur. Pour le titre, on verra bien. On ne sait jamais quel titre donner à un livre dont on n’a pas terminé l’écriture. Tout dépendra de l’éditeur aussi. A l’école de la vie, peut-être. Vu que la vie est une école.

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